Le cododo (ou comment sauver son post-natal de la fatigue)
- roxannelaplante13
- 28 avr.
- 3 min de lecture
Le cododo s'est imposé à nous comme une évidence. Ma fille était de ces bébés qui refusent d'être déposés. Elle ne dormait pas plus de quelques minutes lorsqu'on la laissait dans un lit de bébé et on passait plus d'heures à la bercer pour la rendormir qu'à dormir nous-mêmes. J'ai donc rapidement organisé notre espace pour que nos nuits soient confortables et sécuritaires. Dans notre lit commun, nous arrivions tous à dormir davantage et mieux.
Par contre, la pression sociale s'est vite emparée de nous quand on s'est mis à parler de notre situation. Nous étions anormaux, à contre-courant, à l'encontre des recommandations de sécurité. Comment osais-je privilégier mon sommeil plutôt que la sécurité de mon bébé? J'entendais beaucoup de reproches, mais avec le recul, je réalise que j'entendais surtout les peurs d'une société à qui on a vendu l'autonomie à tout prix. Les fausses croyances d'une société qui se coupe de ses instincts les plus primitifs pour "productiviser" la maternité. Mais comme j'étais encore toute jeune, que c'était mon premier bébé et que j'étais habituée à être performante dans tout, je me suis mise, avec mon partenaire, à essayer toute sorte de trucs pour que bébé réussisse à dormir seule.
On l'a entourée de serviettes pour qu'elle se sente serrée, on l'a couchée sur un coussin incliné, on l'a endormi au sein DANS sa bassinette, on a couché à coté de sa bassinette, une main entre les barreaux, on l'a allaitée après le dodo au lieu d'avant, on lui a donné des céréales, on a essayé de l'endormir sans l'avoir dans les bras, on a essayé de laisser les dodos à papa...on a tout essayé sauf la laisser pleurer. Et à force d'essayer tous ces trucs, non seulement elle dormait moins bien, mais en plus nous étions encore plus épuisés. Pourquoi est-ce qu'on voulait absolument que mon bébé dorme seule alors que tout dans son corps et dans le mien nous criait qu'on devait juste dormir ensemble?
Ça m'a pris un certain temps, mais j'ai fini par abandonner. Nous étions bien, les trois dans le lit, nos nuits étaient plus douces et les gens n'étaient pas obligés de savoir ce qui se passait dans notre chambre. À partir de cet abandon, la pression est retombée et ma fille s'est mise à mieux dormir. Et nous donc!
À l'arrivée de mon deuxième enfant, j'avais déjà vendu la bassinette. J'avais acheté un petit moïse pour le côté du lit, mais c'était seulement au cas où ma fille, qui dort encore avec nous à ce jour, serait trop dangereuse pour son frère. Je ne l'ai jamais utilisé la nuit et je l'ai rangé après seulement deux ou trois mois. J'ai décidé de faire au plus simple et de ne plus me fier à aucun truc d'expert et surtout à ne plus écouter les inquiétudes des autres autour. Mon fils a dormi toutes ses nuits collé à moi, dans la chaleur du lit familial. Quand il veut boire, il n'a même pas besoin de pleurer, je le sens bouger tout de suite. Je le mets au sein alors que nous sommes tous deux encore couchés et je me rendors pendant qu'il tète. Cette façon de faire m'a sauvé tellement de fatigue et je me suis sentie plus en forme rapidement après mon accouchement, plus disponible pour ma plus vieille et évidemment, plus confiante dans ma maternité. Je mettais en action ce qui était aligné avec mes besoins et je respectais ceux de mon enfant.
Je suis très consciente que ce choix n'est pas fait pour tout le monde et que les recommandations de sécurité n'existent pas pour rien. Toutefois, je crois qu'à force de trop se concentrer sur ce qui pourrait aller mal, on a créé une peur autour du cododo alors que c'est une solution qui peut très facilement sauver la santé mentale et physique de bien des familles. Les petits bébés ont besoin de proximité, c'est inscrit dans leur développement d'humain. De les laisser dormir avec nous, ce n'est pas de les gâter ou d'en faire des êtres ultra dépendants. C'est de respecter leur nature humaine et la nôtre, tout simplement.
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